Bienvenue...

Les coeurs charlent (ou martèlent, à toi de voir) dans les poitrines, les poumons s'enflent en rythme, la pression artérielle décroche une note pas piquée des charançons à son examen de passage, bref, le monde est en émoi !

Les estomacs s'compriment, les jambes flagadent, la tension est à son paroxysme. Les plus stressés retiennent quelques pets intrépides, les plus riches retiennent leurs numéros de Carte Bancaire et les plus moches retiennent l'attention.

Les gestes sont mal assurés, la voix est aussi tremblante que Parkinson en personne... Mais soudainement, avec la promptitude d'un homme ayant fait voeu d'abstinence qui se rend compte le soir de ses noces que sa femme l'a plus longue que lui à décamper, le grand ciseau claque dans le grand froid de la toile...

Messieurs Dames, bienvenue à vous ! Bienvenue pour une aventure de haut vol qui, je l'espère ne vous laissera pas indifférents ! :)

Si vous voulez bien m'suivre, c'est par là que ça se passe...

Bien à vous,

Votre San-A chéri...

Bienvenue...

# Posté le dimanche 13 novembre 2005 17:03

Modifié le mercredi 04 juillet 2007 13:35

Chapitre 1er : « Dans lequel j'apprends que les trajets creusent »

Chapitre 1er : « Dans lequel j’apprends que les trajets creusent »
En général, quand t'entames la lecture d'un roman ou à plus petite échelle d'une nouvelle, tu peux rapidement créer deux catégories d'histoires. Celles qui commencent bien, et celles, par opposition, qui patinent, engluées dans la choucroute !

A première vue, la mienne semble plutôt bien engagée. J'ai les deux bras collés aux accoudoirs de mon siège et profite agréablement des bienfaits de la vitesse engendrée par le déplacement du T.G.V dans l'espace. Il flotte dans le wagon que j'occupe un délicieux parfum titillant gentiment mes naseaux conquis. D'autre part j'égare ma paire d'yeux dans un San-Antonio de qualité supérieure, doré sur tranches et fondant à c½ur, une perle, comme toujours. Merci Frédéric !
Le spectacle de la nuit s'offre furtivement à moi par les fenêtres sales. Quelques lumières éparses diffusent leurs joules ici et là, diluées dans l'air par notre course folle. (Si j'continue à écrire de la sorte, on va encore m'expédier le Prix Nobel de Littérature par colis Chronopost. Ca fait déjà 3 tout d'même, le montant de ma cheminée commence à donner quelques signes de fatigue que diable !)

En bref c'est l'pied !

Une contraction stomacale insonore (dieu merci !) m'avertit qu'il ne serait pas négligeable que je m'alimente (à l'eau). Je déploie mon physique de cinéma hors du siège et m'envoie promener en direction du Wagon-bar histoire de me cloquer une collation dans le burlingue. Les secousses incessantes de ce satané serpent d'acier salopent ma grâce naturelle. On dirait un funambule unijambiste à la retraite qui tenterait son come-back, tel un dernier hommage offert à son public. Mais, chanceux comme je le suis, tu te doutes bien que le Wagon-bar est à seulement 5 voitures de la mienne. Inutile de se presser.

C'est à pas mesurés que je traverse donc les wagons me séparant de mon encas. Y à pas à dire, ce soir, la S.N.CF amortira son trajet. Sans être spécialement bondé, la plupart des sièges du train sont occupés par des culs vertueux (enfin, je suppute... à mes heures perdues ;)

Des ménagères de moins de cinquante ans noircissent des grilles de mots fléchés, certaines, plus courageuses vont jusqu'à s'adonner (et s'abonner) aux joies impénétrables du sudoku. Vive Télé 7 jours ! Si tu ne viens pas à Lagardère, Lagardère viendra à toi...

Quelques tuxedo-men aussi mystérieux qu'imposants (et qu'imposables) massent énergiquement les touches de leurs claviers d'ordinateurs portables. Un couple participe à un concours de grimaces. Le jeune homme n'hésite pas à distordre la peau élastique de ses joues provoquant chez sa chalengeuse un rire aussi franc qu'une pièce d'un Euro. A quelques sièges, un vieux con peste comme quoi « y a plus de respect » et que « c'est pas une heure pour faire le con ! Y en a qui pionce, merde ! ».


C'est le sourire aux lèvres que je déclenche le mécanisme de la porte coulissante. Tiens, le Wagon-bar, déjà...
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# Posté le mercredi 04 juillet 2007 07:00

Modifié le mercredi 04 juillet 2007 08:49

Chapitre 2ème : « Dans lequel j'apprends que le D.R.H de la S.N.C.F a les mêmes goûts que moi »

Chapitre 2ème : « Dans lequel j’apprends que le D.R.H de la S.N.C.F a les mêmes goûts que moi »
La demoiselle blonde à queue de cheval qui s'occupe de la digne enseigne est charmante, c'est un fait établi. Quand vos yeux croisent le bleu insondable des siens, ce n'est pas un affront, mais une flatterie. Sa fine taille (remplacez l'ordre des mots précédents si vous aimez la publicité et passez à la « ligne » ! :) n'est hélas point mise en exergue par un choix vestimentaire imposé. Pour l'esthétique on repassera. Néanmoins, j'ne suis pas là pour me rincer l'½il mais pour me farcir la cavité stomacale.

- « Serait-il possible de vous soutirer l'un de vos somptueux... sandwich au jambon, mademoiselle ? »

Elle me regarde, visiblement amusée. Elle doit aimer les mots, ce qui ma foi, tombe bien.

- «Je concèderais volontiers à votre requête si vous me faisiez la faveur de me l'échanger contre quelques deniers. »

Bien répondu ! Je m'acquitte de la somme indiquée sur le panonceau planté dans un des p'tits congénères de mon sandwich, remercie d'une ½illade malicieuse et offre à la vue de la jolie blonde la partie verso de ma digne personne. Je plante les crocs dans le pain frais, ô le bon p'tit casse dalle que voilà... Je regagne ma place. On s'arrête à une gare. Certains montent, d'autres descendent... Une vieille comptine apprise en cours d'anglais me revient en mémoire :

« Ten little Injuns standin' in a line,
One toddled home and then there were nine »


Le fonctionnement de la mémoire est bougrement complexe. C'est une chose à ne pas omettre, t'admettras ! Je replonge dans mon San-A de poche, Béru a le pied sur la pédale de mes zygomatiques et il en abuse le fourbe !
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# Posté le mercredi 04 juillet 2007 07:11

Modifié le mercredi 04 juillet 2007 08:49

Chapitre 3ème : « Dans lequel j'apprends à mes dépens que les toilettes des trains ne sont pas sûrs »

Chapitre 3ème : « Dans lequel j’apprends à mes dépens que les toilettes des trains ne sont pas sûrs »
Cette fois, ce n'est plus mon noble estomac qui me tiraille mais ma vessie.
(A la surprise générale, il m'est forcé de reconnaître que dans mes histoires, les héros vont aux toilettes, même quand c'est présentement moi qui les interprète ! :)

Les seuls cagoinsses à proximité semblent occupés. J'patiente. Après une poignée de minutes, la porte s'entrouvre et c'est un homme râblé qui en sort. Il ne me jette pas un regard, disparaissant déjà derrière la vitre en verre. Z'avez déjà été confrontés (lecteurs masculins composant l'auditoire) à l'épique mission qu'est l'utilisation de toilettes dans un T.G.V ? Vous savez tout comme moi qu'il est donc plus que délicat de conserver toute sa dignité et l'altier de sa personne dans pareille situation. Inutile donc de préciser que mes efforts paraissent bien dérisoires au vu des secousses (cousses) que j'essuie* (le terme est juste, je trouve). J'ai l'impression qu'une vache de country a élu domicile sous mes pieds. Je tangue, suis bousculé, ébranlé (n'insistez pas !), baladé, projeté dans l'exigu cabinet de toilettes. Mais je tiens bon, j'ne lâcherai pas la rampe. Il en faut plus pour désarçonnez une bestiole de ma trempe* (les termes sont, une nouvelle fois, très justes !)

Soudain, une embardée plus virulente que les précédentes m'envoie violemment promener contre le lavabo. Mon coude en prend pour son argent ! Le miroir des W.C aussi... Je viens de m'offrir le luxe de 7 années supplémentaires de malheur. Il ne manquerait plus à ma guigne que je me mette à saigner de la narine gauche, que je me renverse du vin sur les grolles (miraculeusement, je les ai d'ailleurs épargnées) ou bien que je mette ma chemise à l'envers. Mon coude, ossature brigande, n'a rien. Le miroir par contre, ne peut donc pas en dire « Otan » ! (C'est un miroir français né en 1967 alors forcément... !)

Chose étrange, scotchée dans la cavité découverte par ma bévue se trouve une petite boîte noire. Ce qui ne me rassure pas du tout, c'est la jolie petite minuterie qui s'écoule devant mon air d'ahuri. C'est sans s'occuper outre mesure de moi que les bâtonnets forment un décompte... Il reste 01h29 ! Une heure et demie avant je ne sais quoi, mais à mon avis, un « je ne sais quoi » qui ne présage rien de bon...


Et si les 7 ans de malheur prenaient effet maintenant ?

# Posté le mercredi 04 juillet 2007 07:20

Modifié le mercredi 04 juillet 2007 12:33

Chapitre 4ème : « Dans lequel j'apprends que prendre le train équivaut à prendre un risque ! »

Chapitre 4ème : « Dans lequel j’apprends que prendre le train équivaut à prendre un risque ! »
Je suis bleu !

Rouge aussi d'ailleurs il semblerait. Enfin, il est évident que je suis bien loin de ma couleur d'origine. Les minutes elles, sont imperturbables. C'est la beauté du Temps ! T'auras beau te dresser d'vant lui, aussi massif que tu sois, il aura toujours le loisir de t'expédier dans les roses d'un habile croc-en-jambe. Amuse toi à vouloir saboter l'ouvrage des Parques, elles se feront un plaisir de se foutre de ta bobine les s½urs... Et je pèse mes mots ! Toujours est-il que le train dans lequel je consommais mes grappes de secondes m'apparaît comme subitement dangereux ! Une bombe ?! C'est instantanément ce qui m'a bondit à l'esprit. Mais aussi petite ? Planquée dans des chiottes ? A quoi bon ?! Mystère et boules de gnome !

Je replace hâtivement les plus gros morceaux de miroir et sans vouloir flamber, faut l'dire, j'ai une chance insolente (effectivement, ma situation invite tout de même à relativiser la précédente affirmation, tu n'as pas tort !) Mon coude est un esthète ! Je rassemble les morceaux brisés et les insère « comme si de rien n'était » à leurs places d'origine. Si le train se remet à jouer la valse à 1000 temps, je ne donne pas cher de mon puzzle de fortune. Alors me viens une idée. Quand y en a marre, y a Malabar©, n'est-ce pas ? Je plonge dans ma poche droite et en extirpe un chewing-gum. Hop', il plonge dans ma clape.

Je mastique (qui ne le fait pas ?) jusqu'à obtenir une bonne pâte humide. Je dépose un échantillon de cette mixture derrière la plupart des fragments et rassemble le tout. C'est précaire ! Ca ne tiendra pas une tempête mais ça tiendra ! Je me passe les paluches sous l'eau, j'ai l'bout des doigts aussi collants qu'un bas en nylon. (Je ne saurais expliquer d'où me viennent ces métaphores foireuses, une trop grande consommation d'oxygène peut être ?)

Il faut maintenant agir ! Oui, mais comment ?

# Posté le mercredi 04 juillet 2007 07:34

Modifié le mercredi 04 juillet 2007 08:49