Chapitre 5ème : « Dans lequel j'apprends qu'on ne peut compter que sur soi »

Chapitre 5ème : « Dans lequel j’apprends qu’on ne peut compter que sur soi »
Je vais d'un pas assuré (par la GMF) jusqu'au Wagon-bar. Tu viens de le comprendre, j'vais tenter de me faire une alliée... (enfin, façon de parler !) en la personne de la d'moiselle préposée au service à bord.

Petite surprise, ce n'est plus elle qui occupe la place derrière le bar. Quelqu'un qui aurait un humour plus graveleux que le mien dirait sans remords, que je n'y gagne pas au change. Faut avouer que la dame qui assure maintenant l'échange de deniers contre des denrées alimentaires n'est pas de toute beauté. Ne lui ôtons tout de même point la reconnaissance qui lui est due d'avoir tenté d'être séduisante. N'outrageons point les choix faits par cette dame qui jugea sans doute judicieux l'utilisation d'un plein pot de fond de teint lors de son maquillage. Ne soyons point lâche et médisant comme je le suis depuis l'âge de mes dix ans ! Ne tombons point dans la facilité d'une description de ses mentons multiples et de ses yeux indécis quant à la direction où regarder ! Non, je m'y refuse...

J'incorpore la queue et patiente mon tour. Après avoir servi deux sandwiches à la rosette, un croque monsieur et un soufflé à la terrine, la dadame est à moi.

- « Pardonnez moi, m'dame. Mais vous serait-il possible de me dire où se trouve la demoiselle qui était à votre place tout à l'heure ? »

Elle ne semble pas comprendre. Je développe !

- « Il y avait une fille tout à l'heure qui assurait le service. Une demoiselle blonde avec une queue de cheval ici (je mime, au cas où !) Ca ne vous dit rien ? »

- «Je suis la seule préposée au service pour tout le trajet. Une demoiselle blonde ? Ca ne me dit rien du tout... »

De plus en plus englué dans mon incompréhension, j'insiste tout de même :


- « Tout à l'heure, il y a environ 20 minutes, vous avez fait une pause. N'est-ce pas ? »

- « Vous z'êtes de la Gestapo ou quoi jeune homme ? Oui, j'ai fait une pause, 10 minutes, et alors ? ! »

Je voudrais bien qu'elle m'en dise plus mais je sens derrière moi que ça s'impatiente. Alors je la remercie et mets les voiles, sur une mer abimée d'incompréhension. Je rêve ou bien ?
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# Posté le mercredi 04 juillet 2007 07:44

Modifié le mercredi 04 juillet 2007 08:49

Chapitre 6ème : « Dans lequel j'apprends que j'ai décroché un billet pour l'Enfer »

Chapitre 6ème : « Dans lequel j’apprends que j’ai décroché un billet pour l’Enfer »
Je jette un petit coup de périscope à mon téléphone portable. Il m'indique bravement l'heure mais commence à pleurnicher l'absence de chargeur. Mon T.G.V devrait se pointer à Bordeaux, son terminus, dans 2 bonnes heures. L'échéance de la « boîte noire » tombera avant que l'on y soit. Ca ne sent pas très bon tout ça... Vu le risque que je fais encourir aux autres passagers, je me dis que je n'ai aucune raison de garder ce secret pour moi. Faut en avertir la police ferroviaire que je ne le veuille ou non... J'ai été stupide de vouloir faire cavalier seul, plus irresponsable tu meurs ! La blonde du wagon-bar ? Ce n'est de toute évidence pas à elle qu'il faut en référer mais à une autorité compétente.

Un contrôleur par exemple ?

[...]

- « Mais puisque je vous dis que mon billet se trouve à ma place ! »

- « Sans doute jeune homme. Mais nos annonces dans les hauts parleurs sont claires, il ne faut pas oublier d'avoir son titre de transport sur soi lorsqu'on se déplace au sein même du train. »

- « J'suis désolé monsieur ! Mais, je venais vous trouver pour une chose bien plus importante. Mon billet je l'ai et composté en plus... Suivez moi, c'est très important ! »

Ce contrôleur là, c'est ni plus ni moins que le contrôleur de base. Tu sais, celui qui aime tout particulièrement l'autorité que lui confère sa profession, qui en use, qui en abuse... se reposant toujours avec brio sur ce que dit le règlement, le règlement, rien que le règlement. C'est sa bible ! Si le règlement le dit alors, c'est qu'il en est ainsi. Amen !

- « Vous allez tout d'abord me présenter votre titre de transport, ensuite nous aviserons ! »

J'ai Vésuve dans la boyasse, le Piton de la Fournaise même... Un con d'plus bien en rang dans la forêt des zobs, la main sur le c½ur, l'½il humide devant un lever de couleur, l'½il humide toujours au lever de sa propre couleuvre. C'est si rare ! Madame sera contente... Droit parmi les droits, fidèle parmi les fidèles et con parmi les cons tout simplement. On respecte la procédure, point par point. Pas de bavures tant qu'on suit la procédure. Tiens, ça ferait un superbe slogan dans un commissariat de quartier, tu ne trouves pas ? M'enfin, je divague. Les synapses amoindris, perclus. Fatigués surtout ! Je bouge ma couenne vers ma place pour refourguer mon billet à ce sagouin. Seulement, lorsque j'arrive à ma place... C'est l'Hêtre et le Néant avant tout. Rien ! Que dalle, que chi, des clous ! Il y a autant de billet de train dans mon sac que de choses respectables dans Mein Kampf. Je commence à en avoir cure de nager en pleine mélasse. J'étais sûr de l'avoir mis là ce foutu billet, pile dans la poche avant. Un zip' et je tombais dessus, on pouvait pas faire plus simple...

Evidemment, on ne pouvait pas faire plus simple pour moi... ni pour personne d'autres d'ailleurs. Je suis le caviar du pickpocket, la crème des crèmes des empaffés ... Le beurrage préalable de l'oignon, la courbette qui va bien même ! J'ai honte, honte d'être con... Mais notre unité me rassure, heureusement que vous êtes là fidèles lecteurs, au moins, je me sens moins seul. Finalement être con n'est pas si grave, tant que les autres le sont aussi !

- « Va falloir que je vous dresse un procès verbal jeune homme. Votre nom, je vous prie ? »

Les gens me regardent comme un pestiféré. Les hors la loi, ça écoeure... Je ne joue pas les durs, je suis bien trop dépité pour ça... Ereinté, voilà le mot juste, je suis éreinté ! Toujours ce parfum dans les airs qui, au bout du compte, ne me donne qu'une envie, celle de vomir.

Il me verbalise dans les règles de l'art. Et pendant ce temps là, j'imagine le minuteur qui ne s'en fait pas... Vite qu'on en finisse ! Le prix de l'amende est démentiel... Je n'ai pas l'argent sur moi ! ... Alors, le contrôleur m'invite gracieusement à le suivre. J'obéis ! C'est vraiment ma veine...

# Posté le mercredi 04 juillet 2007 07:51

Modifié le mercredi 04 juillet 2007 12:11

Chapitre 7ème : « Dans lequel j'apprends que les éclaircies ne valent parfois pas mieux que la pluie ! »

Chapitre 7ème : « Dans lequel j’apprends que les éclaircies ne valent parfois pas mieux que la pluie ! »
C'est assis dans un cagibi poussiéreux que je patiente. Le contrôleur m'a certifié qu'une fois qu'il en aurait terminé avec les vérifications de billets, il viendrait me rejoindre. Il m'a invité à être calme et m'a même refourgué une revue presque aussi effeuillée qu'un arbre en plein mois de décembre... (Mes images ne manquent pas d'originalité, n'ayons pas peur de le dire !) Je glande, anéanti... Comble du comble mon portable vient de s'éteindre dans un gémissement, râle technologique caractérisé par un « bip » sonore plaintif. Quand on est aussi verni que moi, faut surtout s'éloigner des bureaux de la Française des Jeux. Je serais capable de me prendre une cargaison de tickets à gratter sur la hure... Le poivre lui, comparé à moi, il est moulu ! Je décide de me bouger l'cul.

Poireauter l'arrivée de l'autre tâche sans rien faire, c'est pas l'genre de la maison. Ce cagibi se trouve à l'avant du T.G.V, ce qui signifie qu'il va falloir radicalement se décider dans les secondes à venir. Plus le moment de se reposer sur personne d'autre que sur soi. Je me soulève de la chaise miteuse sur laquelle je dépérissais quand apparait le contrôleur dans l'embrasure de la porte. Ni d'une, nid d'½ufs, je plonge bille en tête dans son estomac. Sa surprise joue en ma faveur ! Il n'en revient pas... Moi non plus d'ailleurs, mais j'ai agi à l'impulse et espère bien que pour une fois, je ne le regretterais pas ! Il en perd sa casquette le chevalier des voies ferrées. Ma douce main, celle qui fait se gorger de fierté ma souris d'ordinateur, se change en poing et s'abat dans sa viande tournée. Il a sa dose et dégringole, les yeux révulsés. Je le réceptionne, l'allonge et le recouvre d'une couverture dont la population doit avoisiner celle de la Chine en termes d'êtres vivants. Je file ! C'n'est pas trop l'endroit dans lequel il faut s'éterniser...

[...]

J'me fais tout petit, mais malgré cela, je sens bien le regard insistant des voyageurs qui ne comprennent pas que je déambule librement dans les wagons. La montre exubérante d'une dame tout aussi exubérante me glace le sang. Il ne reste plus qu'une demie heure avant que le minuteur atteigne zéro...

[...]

Les chiottes dans lesquels je m'engage ressemblent traits pour traits à ceux précédemment visités. Mais, une petite vérification s'impose. Coup de coude, douleur lancinante et 7 années de plus... Comme pour l'attester je découvre un nouveau boîtier niché dans la cavité. Rien à faire, ça sent mauvais, très mauvais. Il passe sous mes yeux la barre des 25 minutes... J'ai 25 minutes pour trouver une véritable solution.

[00.24.59]

Je n'arrive pas à comprendre l'utilité d'un pareil attentat. Surtout que les boîtes sont petites et ne peuvent contenir d'énormes quantités d'explosifs. Et puis pourquoi les chiottes... ? Ce genre de bombe est redoutable placée près de briques et/ou de vitres... Mais dans les latrines ? Pas le temps de gamberger plus longtemps sur le sujet, car, sans prévenir, je reçois un choc violent à l'arrière de la tête. J'avais omis de fermer la porte. La sanction de mon ineptie est radicale, j'tire ma révérence...

[ ??. ??. ??]


Le cauchemar nauséeux, chiasseux même se dilue pour me restituer un substitut de réalité. Un cagibi, différent, vide... Je suis attaché à une chaise, et aussi bâillonné que le jambon du même nom. Pas moyen de faire entendre ma belle voix de crécelle ! Quelle heure il est ? Combien de temps il reste ? 5, 10 minutes à tout casser ? Allez, mon grand Tonio, héros de nouvelles à la manque, athlète confirmé, muscles investi de spiritualité, il faut enfin abattre ta dernière carte. Tu ne vas pas te laisser faire, hein ? On va reprendre les choses en main... J'oscille de droite et de gauche sur la chaise (d'ailleurs, que foutent des chaises dans un T.G.V ?). Je sens qu'elle n'va pas tarder à rendre l'âme cette lointaine ancêtre alors j'accentue mes mouvements désordonnés. La chaise s'écroule, moi avec. Je tente de dégager mes jambes et bras des tiges qui composaient la chaise du temps de son vivant. Ca ne se fait pas tout seul, mais une énergie nouvelle m'alimente (à l'eau ;). J'en viens finalement à bout. Le T.G.V ralentit, s'arrête. Une gare ? Il se remet en mouvement, une gare ! Je m'ôte la muselière et fonce, boule de nerfs en mouvement. Un Tonio à Grande Vitesse quoi !

L'alarme d'urgence, c'est ce que je cherchais ! Je l'arrache... Un crissement strident s'élève, le train vibre. Des gens crient, d'autres se taisent, interdits...


Je suis dans le wagon de queue, va falloir faire vite, très vite.

- « Que tout le monde sorte du train, par pité ! Faites le plus vite possible... Il y a des bombes placées tout le long du T.G.V »

Le mot « bombe » fait son effet. Ca hurle, crie, crache en tous sens. La peur viscérale remonte les wagons et les portes s'ouvrent se mettant à vomir leur lot de populace endiablé. Faut dire que les français sont dopés, ils ont vu le World Trade Center s'écraser et les trains madrilènes partir en fumée... Forcément ça sensibilise...

Je passe en courant dans les wagons, il ne reste personne... Je vais pouvoir penser à ma couenne... Je vais m'élancer vers la sortie quand l'image du contrôleur me revient en tête, K.O sous sa couverture. Je gambade tous azimuts, on doit être passé sous la barre des 3 minutes... J'arrive devant le cagibi. La porte est fermée, fermée ! Comme si c'était le moment... J'y vais de mon coup d'épaule survitaminé, rhaan, rhaaan ! La porte cède, mon épaule aussi sans doute... Je soulève le contrôleur quand même, ahanant comme un mulet. Encore un effort, un dernier effort. Il est lourd ce con, vais lâcher. Non ! Encore quelques mètres avant d'atteindre la porte... Des bras qui se tendent et...

[BOUM !]
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# Posté le mercredi 04 juillet 2007 08:22

Modifié le mercredi 04 juillet 2007 08:50

Chapitre 8ème : « Dans lequel j'apprends que quitter le navire en bon capitaine a un prix »

Chapitre 8ème : « Dans lequel j’apprends que quitter le navire en bon capitaine a un prix »
Du blanc partout, une odeur d'éther, l'hôpital ? J'ai mal partout, mal part...
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# Posté le mercredi 04 juillet 2007 08:34

Modifié le mercredi 04 juillet 2007 08:50

Chapitre 9ème : « Dans lequel j'apprends que le voyeurisme a aussi ses bons côtés »

Il paraîtrait que je suis resté longtemps inconscient. Que j'ai ici ou là, ouvert les yeux, prononcé quelques mots et ai instantanément perdu connaissance. Il paraîtrait que se sont succédées environ 370 personnes à mon chevet, toutes plus reconnaissantes les unes que les autres m'a dit ma mère. J'ai reçu suffisamment de fleurs pour pouvoir concurrencer un Jardiland ! On m'apprend que je n'ai rien de grave, sinon une épaule démise, que je suis surtout très sonné et que j'ai besoin de beaucoup de repos... les conneries habituelles... Je demande des nouvelles du contrôleur, lui aussi va bien... Rien de grave, sonné, repos... conneries habituelles...

Mais on a eu de la chance ! Il a le cul bordé de nouilles vot' Tonio chéri ! :) Ma mère m'apprend également que des policiers vont venir dans l'après midi et qu'il faut que je me repose. A peine à t'elle fini sa phrase que je suis déjà dans les vapes.

Ils sont trois. L'inspecteur Béluvier en tête. Il est bien planté, a du pratiquer le rugby dans ses jeunes années. Il s'installe sur le bord du lit, les autres écoutent ce qu'il s'apprête à dire, tout comme moi...

« Tony, je ne suis pas là pour te couvrir de médailles, de récompenses et de louanges. Tu auras tout le temps pour ça et tu verras, tu en auras vite marre. »

Il me fait un clin d'½il.


« Si nous sommes là, c'est pour te compter le fin mot de l'histoire car je suppose que tu aimerais savoir... Je me trompe ? »

Il ne se trompe pas, je suis suspendu à ses lèvres, les mains plantées dans la pulpe de sa bouche.

« Tu as réussi à déjouer une organisation terroriste nationale. Pour l'heure, et tu risques d'être amusé, nous avons réussi à attraper les deux « opérants » de cette histoire. »

Il exhibe deux photographies. Sur l'une des deux, je reconnais la belle blonde. Et sur l'autre, le petit mec râblé qui occupait les chiottes avant que je fasse l'étrange découverte !

« Si nous avons si vite réussi à retrouver la trace de ces deux personnes, c'est grâce à Eddie, un des employé de la
S.N.C.F »

J'acquiesce, sans comprendre...


« Vois-tu, Eddie, agent d'entretien, a la petite particularité d'être un voyeur. C'est habilement mais illégalement qu'il s'est amusé à poser des micros vidéos de surveillance dans les W.C »

Je grimace !

« Moui, suis assez d'accord. C'est lugubre ! »

- « Mais, qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? »

- « Ce qui c'est réellement passé est simple. L'homme, Arnaud Châteignet s'est fait engager comme agent d'entretien, ce qui lui a permis d'avoir régulièrement accès au train. Il a ainsi pu piéger tous les wagons avec de petites charges explosives. Petites charges explosives certes, mais qui, multipliées par le nombre de toilettes aurait fait dérailler le train, ce qui, à grande vitesse, n'aurait certainement pas pardonné ! »

- « Et la fille ? Je sais qu'elle traînait au wagon-bar alors qu'elle n'avait rien à y faire... »

- « Elle n'a encore rien lâché ! Nous n'en serons pas plus pour le moment ! Nous supposons qu'elle voulait droguer l'eau du conducteur afin de régler la vitesse au maximum... Tout ce qu'on sait, c'est que l'homme est descendu à une gare et que la femme, Julia Vesoul, a pris la poudre d'escampette juste avant que tout le bazar explose... »

- « Mais pourquoi faire sauter ce train ? Ils appartenaient à quel groupe terroriste ? »

- « A l'anti-fan club de Patrice Dard, le fils du créateur de San-Antonio, tu connais ? »

Je suis bouchée bée.

- « Celui-ci venait faire une séance de dédicace à Bordeaux... Le voyage lui aurait été fatal ! »

Tuer 370 personnes pour une seule, ça fait froid dans l'dossard, c'est moi qui te le dis ! L'inspecteur me pose une main sur l'épaule, (aïe) m'invite à me reposer et s'éloigne en silence...

Le pire dans tout ça, c'est que je n'ai même pas eu le temps de le finir mon satané bouquin... Pas grave ! Je chope un stylo, une feuille de papier et me met à écrire... En général, quand t'entames la lecture d'un roman ou à plus petite échelle d'une nouvelle, tu peux rapidement créer deux catégories d'histoires...
Chapitre 9ème : « Dans lequel j’apprends que le voyeurisme a aussi ses bons côtés »

# Posté le mercredi 04 juillet 2007 08:43