Il paraîtrait que je suis resté longtemps inconscient. Que j'ai ici ou là, ouvert les yeux, prononcé quelques mots et ai instantanément perdu connaissance. Il paraîtrait que se sont succédées environ
370 personnes à mon chevet, toutes plus reconnaissantes les unes que les autres m'a dit ma mère. J'ai reçu suffisamment de fleurs pour pouvoir concurrencer un
Jardiland ! On m'apprend que je n'ai rien de grave, sinon une épaule démise, que je suis surtout très sonné et que j'ai besoin de beaucoup de repos... les conneries habituelles... Je demande des nouvelles du contrôleur, lui aussi va bien... Rien de grave, sonné, repos... conneries habituelles...
Mais on a eu de la chance ! Il a le cul bordé de nouilles vot'
Tonio chéri ! :) Ma mère m'apprend également que des policiers vont venir dans l'après midi et qu'il faut que je me repose. A peine à t'elle fini sa phrase que je suis déjà dans les vapes.
Ils sont trois. L'inspecteur
Béluvier en tête. Il est bien planté, a du pratiquer le rugby dans ses jeunes années. Il s'installe sur le bord du lit, les autres écoutent ce qu'il s'apprête à dire, tout comme moi...
« Tony, je ne suis pas là pour te couvrir de médailles, de récompenses et de louanges. Tu auras tout le temps pour ça et tu verras, tu en auras vite marre. »
Il me fait un clin d'½il.
« Si nous sommes là, c'est pour te compter le fin mot de l'histoire car je suppose que tu aimerais savoir... Je me trompe ? »
Il ne se trompe pas, je suis suspendu à ses lèvres, les mains plantées dans la pulpe de sa bouche.
« Tu as réussi à déjouer une organisation terroriste nationale. Pour l'heure, et tu risques d'être amusé, nous avons réussi à attraper les deux « opérants » de cette histoire. »
Il exhibe deux photographies. Sur l'une des deux, je reconnais la belle blonde. Et sur l'autre, le petit mec râblé qui occupait les chiottes avant que je fasse l'étrange découverte !
« Si nous avons si vite réussi à retrouver la trace de ces deux personnes, c'est grâce à Eddie, un des employé de la S.N.C.F »
J'acquiesce, sans comprendre...
« Vois-tu, Eddie, agent d'entretien, a la petite particularité d'être un voyeur. C'est habilement mais illégalement qu'il s'est amusé à poser des micros vidéos de surveillance dans les W.C »
Je grimace !
« Moui, suis assez d'accord. C'est lugubre ! »
- « Mais, qu'est-ce qui s'est vraiment passé ? »
- « Ce qui c'est réellement passé est simple. L'homme, Arnaud Châteignet s'est fait engager comme agent d'entretien, ce qui lui a permis d'avoir régulièrement accès au train. Il a ainsi pu piéger tous les wagons avec de petites charges explosives. Petites charges explosives certes, mais qui, multipliées par le nombre de toilettes aurait fait dérailler le train, ce qui, à grande vitesse, n'aurait certainement pas pardonné ! »
- « Et la fille ? Je sais qu'elle traînait au wagon-bar alors qu'elle n'avait rien à y faire... »
- « Elle n'a encore rien lâché ! Nous n'en serons pas plus pour le moment ! Nous supposons qu'elle voulait droguer l'eau du conducteur afin de régler la vitesse au maximum... Tout ce qu'on sait, c'est que l'homme est descendu à une gare et que la femme, Julia Vesoul, a pris la poudre d'escampette juste avant que tout le bazar explose... »
- « Mais pourquoi faire sauter ce train ? Ils appartenaient à quel groupe terroriste ? »
- « A l'anti-fan club de Patrice Dard, le fils du créateur de San-Antonio, tu connais ? »
Je suis bouchée bée.
- « Celui-ci venait faire une séance de dédicace à Bordeaux... Le voyage lui aurait été fatal ! »
Tuer
370 personnes pour une seule, ça fait froid dans l'dossard, c'est moi qui te le dis ! L'inspecteur me pose une main sur l'épaule, (
aïe) m'invite à me reposer et s'éloigne en silence...
Le pire dans tout ça, c'est que je n'ai même pas eu le temps de le finir mon satané bouquin... Pas grave ! Je chope un stylo, une feuille de papier et me met à écrire... En général, quand t'entames la lecture d'un roman ou à plus petite échelle d'une nouvelle, tu peux rapidement créer deux catégories d'histoires...